Goncourt, Renaudot… Pourquoi les prix littéraires sont si précieux ?

Goncourt, Renaudot… Pourquoi les prix littéraires sont si précieux ?

Bookmark and Share

Mohammed Aissaoui / lefigaro.fr

Une intéressante étude du cabinet GFK démontre l’impact des grandes récompenses d’automne et la visibilité que donne la rentrée littéraire pour les romans. Instructif.

Près de 600 romans ont été publiés en moins de trois mois. C’est la fameuse rentrée littéraire en même temps que démarre la compétition pour les prestigieux prix (GoncourtRenaudot, Grand Prix du roman de l’Académie française, Femina, Interallié, Médicis).

Fuente original: Goncourt, Renaudot… Pourquoi les prix littéraires sont si précieux ?.

Publie-t-on trop? Faut-il décaler les prix littéraires? Beaucoup le pensent et le disent. Mais une intéressante étude du cabinet GfK, qui établit chaque semaine le palmarès des meilleures ventes, démontre les bienfaits de cette exception française. «Au-delà de son impact médiatique, la rentrée littéraire joue également un rôle économique sur le marché du Livre», conclut la précieuse étude. Et de souligner que, en moyenne, sur les cinq dernières années, la rentrée littéraire a représenté près de 20 % du chiffre d’affaires annuel de la «fiction moderne grand format». Autrement dit, près d’un roman sur cinq est acheté durant la rentrée littéraire.

«L’écho médiatique créé autour de cet événement est important dans les motivations d’achat avec 13 % des livres estampillés “rentrée littéraire” achetés grâce à un article de presse écrite ou à une émission littéraire. Ce taux est en règle générale de 3 à 5 % pour les autres titres de littérature générale», explique Sébastien Rouault, chef de groupe Livre chez GfK. «À mi-octobre 2015, ce sont déjà plus d’un million d’exemplaires de la rentrée littéraire 2015 qui se sont écoulés au format papier», ajoute-t-il.

Trois femmes puissantes

Pour cette édition 2015, ce sont trois romancières qui arrivent en tête: Delphine de Vigan avec son roman D’après une histoire vraie (Lattès, 107.400 exemplaires vendus) suivie de Christine Angot avec Un amour impossible (Flammarion, 85.500 exemplaires) et Amélie Nothomb avec Le Crime du comte Neville (Albin Michel, 77.500 exemplaires). Ici, les chiffres donnés sont les ventes réelles, et non le tirage annoncé par les maisons d’édition.

L’autre révélation de cette étude est l’impact du prix Goncourt, même si l’an passé, c’est David Foenkinos, prix Renaudot et Goncourt des lycéens, qui a le mieux réussi. Son Charlotte (Gallimard) s’est écoulé à 325.000 exemplaires alors que Lydie Salvayre, Goncourt 2014, a vendu 230.300 exemplaires de son roman Pas pleurer (Seuil).

GfK a établi les ventes moyennes des prix littéraires sur les années 2010 à 2014 (hors format de poche). Voici les résultats.

Goncourt : 395.000 exemplaires vendus en moyenne

Goncourt des lycéens: 334.000 exemplaires

Grand Prix du roman de l’Académie française : 220.500 exemplaires

Renaudot : 178.000 exemplaires

Femina : 97.000 exemplaires

Médicis : 48.000 exemplaires

Interallié : 42.500 exemplaires

Bien sûr, ce classement est dû pour beaucoup à l’énorme succès de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker (Grand prix du roman de l’Académie française et Goncourt des lycéens) qui atteint le chiffre record de ventes de 800.000 exemplaires!

On comprend mieux pourquoi les prix littéraires sont tellement recherchés par les maisons d’édition. C’est l’assurance de tenir quelques années de plus… «Ces récompenses sont un vrai moteur pour le marché du Livre en fin d’année car les livres primés sont largement offerts. Les trois dernières semaines de l’année représentent en moyenne plus d‘un tiers des ventes d’un roman couronné par un prix», souligne Sébastien Rouault.

Etiquetado con: