Italie : les Berlusconi détiennent maintenant 40 % de l’industrie du livre

Italie : les Berlusconi détiennent maintenant 40 % de l’industrie du livre

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Nicolas Gary / actualitte.com

Ce 4 octobre, après un ultime délai, RCS Mediagroup a validé la vente de sa filiale éditoriale, RCS Libri, au groupe Arnoldo Mondadori Editore SpA. Le montant de la transaction a été fixé à 127,5 millions € et comprend 99,99 % des participations détenues par RCS Mediagroup.

Fuente original: Italie : les Berlusconi détiennent maintenant 40 % de l’industrie du livre – Les univers du livre.

Rizzoli New York - London Book Fair 2015

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La décision fut prise au cours du dimanche 4 octobre, à l’occasion de la réunion du conseil d’administration de RCS Mediagroup, sous la présidence de Maurizio Costa, en présence de Pietro Scott Jovane, le PDG.

Mondadori deviendra donc Mondazzoli, comme le redoutaient les professionnels italiens – contraction de Mondadori et des éditions Rizzoli. La société Rizzoli et son lot d’auteurs fétiches, comme Umberto Eco ou Michel Houellebecq, passeront dans le giron de Mondadori, dirigée par la fille de Silvio Berlusconi, Marina. En revanche, la participation de 58 % dans Adelphi Edizioni sera revendue par RCS Mediagroup à Roberto Calasso.

RCS Mediagroup conserve la propriété de la marque Rizzoli, ainsi que toutes les activités autres que celles liées à l’édition – ce qui inclut donc les librairies associées à ce nom. Dernièrement, New York avait assisté à la grandiose réouverture de sa librairie historique, après un déménagement.

Le portefeuille d’auteurs sera donc amputé d’autant, et d’autres stars de la maison Bompiani se retrouveront donc dans la holding Berlusconi. Notons également que les deux titres de presse de RCS Mediagroup, le Corriere della Sera et Gazzetta dello Sport continueront de travailler à des activités éditoriales dans le secteur du livre.

Les négociations avaient débuté en mars 2015, et connurent de multiples suspensions et délais. La transaction sera toutefois soumise à l’approbation de l’autorité de la concurrence italienne. Dans les faits, il n’est pas impossible que l’autorité voie dans cette transition un léger souci. Mondazzoli concentrerait en effet 40 % des ressources éditoriales du marché italien, le plus important de toute l’Europe, et détiendrait jusqu’à 75 % du marché du livre de poche.

De quoi laisser dubitatif, alors que Mondazzoli pourrait générer plus de 500 millions € sur un marché italien, en baisse constante depuis plusieurs années, et qui représentait 1,2 milliard € l’année passée. Le communiqué assure néanmoins que l’autorisation de l’Autorité ne prêtera pas à conséquences sur l’achèvement de l’opération, et n’impliquera aucun changement dans les conditions commerciales définies par les deux parties.

Le montant de la vente servira avant tout à combler la dette contractée par RCS Mediagroup, estimée à 526 millions €, en août dernier. RCS avait assuré que la vente de la filiale éditoriale était l’unique solution pour éviter l’augmentation de capital de son groupe : les pressions bancaires devenaient trop importantes.

RCS Libri était cependant estimée à 130 millions €. Le règlement, assure-t-on, sera effectué en intégralité dès la clôture de la transaction. Pour l’heure, la Mondadori assure que cet accord va lui permettre de consolider sa position sur le marché du livre, mais également des manuels scolaires ainsi qu’au niveau international, pour l’illustré.

La révolution est donc en marche, en Italie, avec une logique de concentration jamais vue en Europe, et les auteurs des maisons RCS Libri n’avaient pas caché leurs inquiétudes à cette perspective. Ces derniers avaient publié une lettre ouverte, pour dénoncer la transaction, mettant en péril la diversité éditoriale dans le pays.

« Avec un grand respect pour l’acheteur de ces maisons d’édition, nous nous rendons compte que cette transaction donnerait vie à un colosse éditorial, sans commune mesure dans toute l’Europe, parce qu’il dominerait le marché du livre en Italie, à plus de 40 %. Un colosse de cette envergure aurait un pouvoir énorme de négociations contre les auteurs, dominerait les librairies, tuerait peu à peu les petites maisons d’édition et (chose marginale, mais non négligeable) rendrait ridiculement prévisible toutes les compétitions de prix littéraires », expliquaient-ils.

Même le ministre de la Culture, publié chez Bompiano, Dario Franceschini, avait manifesté son inquiétude.

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