Bibliodiversité, mon amour

Bibliodiversité, mon amour

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Le 21 septembre, on ne fête pas seulement l’équinoxe, mais aussi l’équilibre et l’équité en matière de livres. Cet état d’esprit se résume en un mot, encore nouveau : bibliodiversité.

Fuente original: [La vie des mots] Bibliodiversité, mon amour – Culture – RFI.

Apparu au Chili dans les années 1990, le terme a fait florès. L’Unesco l’a adopté par le biais de sa Convention pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, en 2005. La féministe australienne Susan Hawthorne lui a consacré un ouvrage*. Il a désormais son jour, dit le Jour B, à savoir le 21 septembre.

Que la mondialisation touche aussi le monde de la culture n’est pas nécessairement une mauvaise chose, car elle peut favoriser la communication entre les humains. L’éclosion du cinéma asiatique, moyen-oriental, latino-américain montre que le monde n’est pas voué aux seuls films des Etats-Unis. Mais en matière de livres, il existe un risque d’écrasement réel des petites maisons d’édition par les géants éditoriaux.

« La bibliodiversité est menacée par la surproduction et la concentration financière du monde de l’édition qui favorisent la domination de quelques groupes en quête de rendement élevé », écrit Susan Hawthorne. En d’autres termes, les actionnaires poussent les compagnies à produire des best-sellers ou des romans grand public. Or, un livre peut avoir une longue vie, certains succès viennent avec le temps. L’auteure compare les petits éditeurs aux fleurs qui poussent à côté des plantes imposantes : elles nourrissent le sol et enrichissent le paysage.

Le développement spectaculaire d’Amazon, l’entreprise de commerce électronique qui a fondé son succès sur la vente des livres, peut avoir de lourdes répercussions sur la chaine du livre partout dans le monde. Et singulièrement dans pays du Sud où la liberté d’éditer n’est pas toujours bien établie. La révolution numérique, le livre électronique constituent des motifs supplémentaires de crainte.

L’ouvrage comporte une curieuse charge contre la pornographie, beaucoup de petites maisons d’édition s’y résoudraient pour survivre. Or, affirme l’auteure, la bibliodiversité se fonde sur le respect de la femme. Sans doute, mais c’est oublier que les nouveaux modes de diffusion, en streaming ou sur téléphone portable, poussent aujourd’hui un nombre croissant de femmes à consommer des films pornographiques, notamment au Brésil et aux Philippines. Une étude de Marie Claire US indique que 40 % des films X sont visionnés par des femmes.

L’Alliance internationale des éditeurs indépendants a placé la promotion de la bibliodiversité en tête de ses préoccupations. Lors de ses assises, au Cap en septembre 2014, elle a détaillé sa démarche.

En effet l’approche d’un éditeur indépendant n’est pas uniquement marchande. Il se veut le garant d’une créativité renouvelée, de la mémoire et du savoir des peuples. Il travaille en faveur de la démocratisation du livre et pour une édition plurielle et critique. Il est le premier artisan de la bibliodiversité.

Alors, le 21 septembre prochain, achetons tous un livre produit par un éditeur indépendant.


* Susan Hawthorne, Bibliodiversité – Manifeste pour une édition indépendante. 2016. Préface d’Hélène Kloeckner. Traduit de l’anglais par Agnès El Kaïm

Coédition Le livre équitable avec les Editions Charles Léopold Mayer (France), Jamani (Mali), les Presses universitaires d’Afrique (Cameroun) et l’Alliance internationale des éditeurs indépendants.

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