Livre Paris capitule : le travail des auteurs au salon sera bien rémunéré

Livre Paris capitule : le travail des auteurs au salon sera bien rémunéré

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Nicolas Gary / actualitte.com

Après cinq jours de publications intensives sur les réseaux, le salon du livre de Paris a fini par entendre et comprendre la demande des auteurs. Et avec eux, celle de tous les lecteurs venus soutenir ceux qui font les livres. Les auteurs seront bien rémunérés pour leurs interventions, quelles qu’elles soient.

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Vincent Montagne (SNE) - Livre Paris 2016
Vincent Montagne, président du SNE – ActuaLitté CC BY SA 2.0

Il aura fallu des milliers de messages sur les réseaux sociaux. Le hashtag #PayeTonAuteur l’aura emporté dans le bras de fer opposant d’un côté les organisations d’auteurs, Charte en tête de file, et de l’autre, les organisateurs de la manifestation. Entre les messages contradictoires, les informations qui s’avéraient contredites dans les faits, finalement, tout se règle.

Ce n’est pas faute de l’avoir demandé, comme le rappelait la Société des Gens de Lettres : toute intervention publique d’un auteur doit être payée. Pourtant, la direction de Livre Paris et le Syndicat national de l’édition s’étonnaient hier, de « la polémique suscitée récemment sur les réseaux sociaux sur la rémunération des auteurs ».

 

Il est vrai qu’on en était arrivé aux plus aberrants des constats : « Il existe un budget pour les plantes vertes, et pas pour les auteurs », déplorait une éditrice. De quoi provoquer les réactions les plus désabusées, où le cynisme le disputait malgré tout à l’humour – la politesse du désespoir.

Selon nos informations, il aura fallu une intervention directement auprès du président du SNE pour aboutir à une résolution de la crise, largement sous-estimée par les organisateurs.

Boycott, auteurs indignés : insurrection générale
contre Livre Paris

Selon des sources proches du dossier, le blocage autour des fameux temps de promotion a fini par céder. Par « promotion », le SNE entendait en effet rencontre centrée sur un auteur et son livre, en tête à tête avec un modérateur, face au public. Et comme il y avait promotion, il n’y avait pas rémunération. « Humiliant et méprisant », clamaient la Charte, le SNAC BD et la SGDL dans les colonnes de ActuaLitté.

Conformément aux recommandations du Centre national du livre, ces rencontres sont pourtant bien rémunérées, pour un montant de 150 €. Une somme établie après que le CNL a décidé d’imposer aux salons qui recevaient une subvention de payer les auteurs, condition sine qua non. Et dont Livre Paris a finalement accepté de respecter le principe. Notre entretien avec le président du Centre, Vincent Monadé, aura-t-elle conduit les organisateurs à réviser leur position ?

L’intervention de Françoise Nyssen, sur France Inter, aura également pu faire pencher la balance : « Quand on leur demande de faire des prestations, il me paraît légitime qu’ils soient rémunérés », déclarait la ministre de la Culture.

Plusieurs éditeurs ont d’ailleurs reçu la confirmation de cette nouvelle politique tarifaire, confirmant que les auteurs seraient bien rémunérés au tarif de 150 € pour ce que le SNE considérait comme de la promotion.

L’officialisation doit encore intervenir dans un communiqué de presse conjoint SNE / Reed, mais l’ensemble des auteurs qui se sont mobilisés peut pousser un soupir de soulagement. C’est un précieux acquis pour eux que cette décision intelligente de la part des organisateurs. Et une reconnaissance du statut et du ““travail” d’auteur, par la manifestation parisienne.

Mise à jour : Le salon du livre nous fait parvenir le message suivant.

Livre Paris poursuit sa rénovation et propose en 2018 une programmation davantage éditorialisée, plus dense, et aux formats inédits et innovants.Pour tenir compte de ces évolutions et notamment lever toute ambiguïté sur la rémunération des auteurs, le Syndicat national de l’édition et Reed Expositions France ont décidé, à compter de l’édition 2018 de Livre Paris, de rémunérer tous les auteurs, quel que soit le format de leurs interventions. Ce dispositif ne s’applique en revanche pas aux auteurs en dédicace.Le succès de Livre Paris repose sur la participation et l’engagement de toutes celles et ceux qui créent et font vivre le livre, au premier rang desquels les éditeurs et les auteurs.

Mise à jour 18 h : Dans un communiqué, la SGDL se réjouit de la décision de Livre Paris de rémunérer les auteurs «  quel que soit le format de leurs interventions » dès le prochain Salon qui ouvrira ses portes dans moins de dix jours.

Nous saluons le formidable mouvement collectif initié par la Charte des auteurs jeunesse et le SNAC BD avec, entre autres, #paye ton auteur, auquel la SGDL a apporté son concours dans le prolongement de son action en faveur d’une rémunération de tous les auteurs pour leurs interventions. Il est essentiel que les auteurs, sans lesquels les livres n’existeraient pas, soient rémunérés dès lors qu’ils sont invités dans le cadre d’une rencontre publique.C’est une étape importante à l’heure où l’ensemble de nos organisations travaillent sur de nombreux dossiers complexes et décisifs pour les auteurs (CSG, réforme du statut social, retraite, partage de la valeur, etc.)

Mise à jour 20 h : Si la « joie est immense » indique la Charte, rien n’est encore terminé : à présent, il faut que cette décision soit suivie d’engagements très concrets de la part du SNE envers la Charte et du SNAC BD.

« Ensemble, auteurs jeunesse et auteurs BD ont décidé qu’ils refusaient de continuer de vivre ces injustices de façon individuelle. Qu’il fallait s’unir, ne jamais laisser ses collègues non rémunérés sur le bord du chemin. Réclamer respect, considération. Le faire d’une seule voix », note la Charte à son tour dans un communiqué.

« Car oui, ce que prouve #PAYETONAUTEUR, c’est que les auteurs sont bien des professionnels, qu’ils savent se fédérer, s’unir, et agir à leur façon. Jouer avec les mots avec les auteurs ? Très mauvaise idée. Ils ont donc conquis leur terrain pour se battre  celui des réseaux sociaux, de la liberté d’expression et de la narration. Pour raconter ce qu’ils vivaient. Dans la colère, mais sans jamais sombrer dans l’agressivité ou la haine : avec l’humour comme arme. »

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